47 Magazine - 46 : Mai 2019

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en-grand-page-10---Jean-michel-mazet---stop-it.JPG L’apicultrice Frédérique Ripet a inventé le Stop It. Ce sas de sortie permet aux abeilles d’échapper aux frelons asiatiques grâce aux nombreux orifices. Elles choisissent celui non obstrué par le nuisible en vol stationnaire.
page-11---beeguard-_XCG8143.jpg BeeGuard est, en quelque sorte, un dispositif de métrologie. Il permet notamment de collecter de la donnée instantanée sur ce qui se passe dans la ruche. Une fois analysées, ces données aident les apiculteurs à prendre des décisions : aménagements paysagers et mise en place de pratiques agronomiques favorables au maintien des populations de l’abeille mellifère…

Le département s'engage...

Il y a un an maintenant que le Département a installé dans son parc six ruches dont une ruche pédagogique. Cet aménagement donnait le top départ au programme de déploiement de ruchers* connectés sur l’ensemble du territoire (10 ruchers connectés fin 2019, de Blanquefort-sur-Briolance à Saint-Jean-de-Duras, de Sainte-Livrade à Nérac). La spécificité de ces ruchers est d’être équipés d’un système numérique de surveillance. Conçu par la start-up lauréate du concours Agrinove 2015, BeeGuard (lire ci-dessus), cet outil mesure en continu le poids des ruches, l’activité des abeilles et les caractéristiques de leur environnement (géolocalisation, température, humidité…). Par ailleurs, pour protéger les abeilles de la prédation des frelons asiatiques, les ruches départementales ont également été équipées du Stop It.

* Chaque rucher est composé d’au minimum 5 ruches.

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Innovation

La protection des abeilles s’organise

En moins de 30 ans, les populations d’insectes volants ont chuté de près de 80 % en Europe1. Si ce déclin est préoccupant, la tendance peut être inversée selon les spécialistes. À son échelle, le Lot-et-Garonne développe déjà de nombreuses actions pour notamment protéger les abeilles. Deux Lot-et-Garonnais ont, par exemple, imaginé des dispositifs dédiés au bien-être de ces insectes, mais aussi des apiculteurs. Présentation.

« Nous voulons tous défendre les abeilles, mais cela ne nous laisse pas le droit de faire n’importe quoi. Il est important de piéger ses prédateurs, comme le frelon asiatique, même si l’on capture aussi d’autres espèces. En revanche, des pratiques qui consistent à utiliser des insecticides, n’importe comment, sont à proscrire. »

Aussi, pour éloigner de l’entrée de ses ruches le prédateur de ses abeilles, le frelon asiatique, et réduire leur stress, l’apicultrice Frédérique Ripet qui habite Estillac a joué la carte de l’innovation. De nombreux pièges se trouvent déjà sur le marché, mais bien souvent ils ne protègent pas les abeilles. Face à ce constat, elle a donc créé non pas un piège, mais un sas d’entrée afin d’aider ses abeilles à sortir plus facilement de la ruche pour aller butiner en toute tranquillité et ramener nourriture et eau à la colonie. Au départ, elle avait juste posé des grillages à l’entrée de chaque ruche. Après réflexion et usage, elle a approfondi l’idée en créant une boîte trouée. Grâce aux orifices assez gros pour elles, les abeilles peuvent sortir et éviter le frelon selon où il sera stationné. Apres trois ans de recherche, Stop It a été finalisé et breveté. Depuis juillet 2018, Api & Bee, la société de Frédérique, en assure la commercialisation. Étant seule au début de son activité, elle a opté pour la vente en gros, c’est-à-dire à la palette. À ce jour, son Stop It est distribué par tous les plus gros revendeurs en France qui, à leur tour, le revendent à de plus petites structures. Elle exporte déjà en Espagne, au Portugal, en Belgique et très bientôt en Italie et Angleterre où un article est d’ailleurs paru dans la presse apicole².

Le Villeneuvois Christian Lubat est, quant à lui, l’inventeur de BeeGuard (gardien des abeilles en Français), une solution de ruche connectée. Des capteurs sont placés dans, sous ou à proximité des ruches. Ils permettent aux apiculteurs de surveiller finement l’activité de leurs ruches au travers d’une application Internet. Les mesures de l’activité des abeilles leur permettent de gérer au mieux leurs déplacements et leurs interventions tout en sécurisant le matériel et les ruches grâce à un antivol GPS intégré. En 2018, plus de 2 000 ruches étaient connectées en France, en Italie et dans une dizaine de pays. Au-delà de l’outil d’exploitation, les données récoltées permettent la biosurveillance de l’environnement car l’abeille est une espèce sentinelle. C’est un indicateur de biodiversité utile aux agriculteurs, entreprises et services publics pour guider et valoriser leurs actions de développement durable. BeeGuard participe à plusieurs actions dans ce sens avec Les Vignerons de Buzet, l’Abeille Gasconne, le lycée agricole de Nérac. « Nous faisons une expérimentation unique en France avec le Département qui a créé un réseau de biosurveillance à l’échelle du territoire. L’idée est d’initier une analyse de la biodiversité en continu et de mettre en avant les pratiques qui seront bonnes pour progresser. » Pour mener l’indicateur encore plus loin, Christian Lubat et ses équipes développent actuellement un programme de trois ans en Recherche et Développement.

Source :

1 Étude publiée dans la revue scientifique Plosone.

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