47 Magazine - 43 : Juillet 2018

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ruche_dpt_LG_redim.jpg © Dépt. 47 – XC

16 000
C’est le nombre de ruches installées en Lot‑et‑Garonne. Elles sont entretenues par 400 apiculteurs dont 300 adhèrent au syndicat L’Abeille gasconne.

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Sophie Gargowitsch, vice-présidente en charge du Développement durable, maire de Blanquefort-sur-Briolance © Dépt. 47 – XC

Dans le cadre de notre projet global de la commune et de notre agenda 21, nous souhaitons mettre en place un rucher pour participer à la protection de notre écrin de verdure, en sensibilisant l’ensemble de la population. Nous relayons ainsi l’action du Département au niveau des communes.

Sophie Gargowitsch, vice-présidente en charge du Développement durable, maire de Blanquefort‑sur‑Briolance

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Raymond Girardi, vice-président en charge de l’Agriculture, de la Forêt et de l’Environnement © Dépt. 47 – XC

Sur 100 cultures, 71 dépendent du travail des abeilles soit 90 % des produits alimentaires au niveau mondial. 80 % des plantes qui fleurissent et 60 % des arbres vivent grâce à la pollinisation. Au total plus de 200 000 variétés de végétaux sont pollinisées par les abeilles et les pollinisateurs. Ces chiffres parlent d’eux‑mêmes. Le rôle et l’importance des abeilles sont évidents !

Raymond Girardi, vice-président en charge de l’Agriculture, de la Forêt et de l’Environnement

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Abeilles de Lot‑et‑Garonne

Sentinelles de notre environnement

Un monde sans abeilles ? N’y pensons pas ! Ces super‑pollinisateurs sont indispensables à l’agriculture. Elles sont également d’excellents indicateurs biologiques car elles signalent la dégradation chimique de l’environnement dans lequel elles vivent. Si le Département soutient le Syndicat L’Abeille gasconne depuis plusieurs années, en 2018, leur partenariat s’envole. Ils travaillent en effet de concert pour structurer les actions souvent transversales avec d’autres domaines comme l’économie, l’éducation, le social, le tourisme… Objectif : faire de l’abeille, la reine du Lot‑et‑Garonne. L’ampleur de la démarche est unique en France !

L'abeille est quotidiennement en contact avec l’eau, l’air et les végétaux. Extrêmement sensible aux polluants, elle peut réagir même s’ils sont présents en faibles quantités : mort, présence de résidus de matière sur le corps ou dans les produits de la ruche. C’est pour cela qu’elle est considérée comme un bon bio‑indicateurs de polluants atmosphériques et phytosanitaires. Mais, son rôle premier est de polliniser ! « Sans les abeilles, il y aura toujours de l’agriculture, mais beaucoup plus pauvre que ce qu’elle est aujourd’hui. Il ne restera que les céréales à paille. On ne mangera que des pâtes et du riz ! », précise Bertrand Auzeral, président du syndicat L’Abeille gasconne. Tous les discours sont unanimes, il est temps d’agir.


Fin avril, le Département a donc installé dans son parc 6 ruches dont une ruche pédagogique, donnant ainsi le top départ au programme de déploiement de ruchers* connectés sur l’ensemble du territoire. Collectivités, entreprises et particuliers ont répondu favorablement à la demande du Département et du syndicat, car offrir à l’abeille un espace protégé est l’affaire de tous. Le Conservatoire du robinier faux‑acacia à Grézet‑Cavagnan a inauguré son rucher le 13 juin, les autres sites (conservatoire végétal régional à Montesquieu, domaine agricole de Laplace à Saint‑Jean‑de‑ Duras, commune de Blanquefort‑sur‑Briolance) envisagent de le faire dans les mois à venir. Les ruchers des Vignerons de Buzet, sur le domaine de Gueyze, sont déjà actifs depuis 2016. Cinq vins de la cave sont aussi labellisés Bee Friendly (label garantissant que les produits sont issus de pratiques respectueuses des pollinisateurs et de la biodiversité).


La spécificité de ces ruchers est d’être connectés, c’est‑à‑dire qu’ils sont équipés d’un système numérique de surveillance. Conçu par la start‑up lauréate du concours Agrinove 2015, Beeguard, cet outil mesure l’activité des abeilles et les caractéristiques de leur environnement (géolocalisation, température, humidité…). Grâce à une application web, les apiculteurs peuvent consulter toutes les informations collectées directement sur leur téléphone. Ils connaissent ainsi l’état de leur cheptel depuis chez eux et peuvent intervenir en cas de besoin ou de problème. En Lot‑et‑Garonne, les ruches font vraiment l’objet de toutes les attentions.


 * Un rucher est composé d’au minimum 5 ruches.


Plan apicole 47 : l'api-attitude


Le Plan départemental apicole soutient la filière et souhaite créer, à terme, un système « api » en Lot‑et‑Garonne : api‑formation, api‑tourisme, api‑économie… Pour cela, le Département met en place plusieurs actions.


Pour que les abeilles s’épanouissent chez nous, il faut leur assurer une alimentation variée, lutter contre les nuisibles et prendre soin de la qualité environnementale (création d’un GIEE Coexistence, ci‑dessus), mais aussi les loger. Alors, une centaine de ruches a été construite localement et d’autres pourraient l’être prochainement grâce à un partenariat avec une entreprise d’insertion. Modernes car connectées, elles sont équipées de capteurs mesurant leurs performances (ci-dessus) et permettant de déjouer les vols ! Pour prendre soin des abeilles et de leurs habitats, les apiculteurs peuvent se former au lycée agricole de Nérac (ci‑dessus) ainsi qu’au rucher‑école de Sainte‑Livrade. Informer le grand public et les scolaires est également une nécessité pour que tout le monde vive en harmonie. Ruches pédagogiques, marché au miel… autant d’actions pour faire connaissance.


Enfin, à plus long terme, l’api‑tourisme pourrait être développé. Toutes ces actions et bien d’autres se mettent en place progressivement.


GIEE coexistance


La Charte de coexistence est née des travaux impulsés par le Département dans le cadre des États généraux de l’agriculture en 2011. Depuis, les apiculteurs et les agriculteurs mettent en place des actions communes. Dernièrement, c’est un Groupement d’intérêt économique et environnemental (GIEE) qui a été labellisé en Albret. Apiculteurs, multiplicateurs de semences et agriculteurs bio travaillent de concert, grâce à l’appui de l’enseignement agricole de Lot‑et‑Garonne et le soutien financier du Département, pour la protection des pollinisateurs, la maîtrise des flux de pollen, l’amélioration des traitements phytosanitaires et le dialogue entre les usagers de l’espace.


Formations apicoles


Pour former les apiculteurs professionnels et assurer une complémentarité avec le Rucher école de Sainte-Livrade, le lycée agricole de Nérac propose déjà plusieurs formations et va en mettre en place trois autres à la rentrée de 2018. « Elles répondent à un besoin. En effet, de plus en plus de demandes nous parviennent via le Compte personnel de formation (CPF). Et le plateau technique de Nérac permet d’accueillir en sécurité des groupes au rucher et à la miellerie », explique Stéphane Courtois, directeur-adjoint en charge de la formation continue et de l’apprentissage de l’établissement. Les futurs salariés apicoles pourront passer un certificat de spécialisation apiculture, les apiculteurs professionnels souhaitant se perfectionner et les agriculteurs souhaitant mieux comprendre et protéger les abeilles ou créer un atelier apicole pour diversifier leur revenu pourront suivre des modules courts. Pour les plus jeunes, il en existe aussi deux : apicultures en BTS ACSE (Analyse et conduite de systèmes d’exploitation) au lycée de Nérac et Pollinisation en BTS APV (Agronomie productions végétales) au Centre de formation des apprentis agricoles.


Concours international : Nérac, capitale des jeunes apiculteurs


Du 2 au 6 juillet, le lycée agricole de Nérac co-organise avec le syndicat L’Abeille gasconne le concours international des jeunes apiculteurs. Après le Royaume-Uni, c’est chez nous qu’a lieu la 9e édition du IMYB (International meeting of young beekeepers). Quelque 200 participants dont une centaine de jeunes de 12 à 16 ans, venant du monde entier, participeront aux épreuves (test de connaissances, théorie, division de ruches, greffage de reines, montages de cadres, extraction du miel…).


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