47 Magazine - 52 : Janvier 2021

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page-7---groupe_47_femmes.png Le 8 mars 2020, 47 femmes impliquées dans la vie locale ont été reçues au Conseil départemental. © Dépt. 47 – Xavier Chambelland
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Marie-France Moulucou - Déléguée départementale aux droits des femmes et à l’égalité

Questions à Marie-France Moulucou

Déléguée départementale aux droits des femmes et à l’égalité

Quel est l’état des lieux de la lutte contre les violences faites aux femmes en Lot-et-Garonne ?

Comme partout en France, la violence est présente et concerne majoritairement les femmes. Les statistiques des plaintes déposées le démontrent. Pourtant toute la difficulté est d’amener les victimes à prendre conscience de leur situation et à en parler.

Avez-vous observé une évolution positive ces dernières années, notamment depuis le tournant du mouvement « Me too » ?

Oui la libéralisation de la parole s’est ressentie par une augmentation du nombre de dépôt de plainte, plus 25 % entre 2016 et 2018. Le travail partenarial indispensable et la multiplicité des dispositifs doivent aussi favoriser le signalement des victimes.

Il est apparu que les confinements successifs dus à la crise sanitaire ont fragilisé encore un peu plus les personnes déjà exposées à des violences intrafamiliales... vous confirmez ?

C’était une crainte. La promiscuité du confinement favorise les tensions dans n’importe quelle famille, les victimes se sont retrouvées H24 avec leur bourreau. Les associations organisées pour les aider ont surtout eu des contacts après confinement.

Quels sont les grands chantiers (ou petits) qui restent à conduire en priorité pour faire diminuer drastiquement ces violences, de tous ordres ?

En premier lieu, il faut poursuivre la construction d’un réseau de professionnels avertis et une mobilisation générale. Ensuite, il faut multiplier les dispositifs (hébergement, transport, écoute…) comme les plateformes dans les hôpitaux ou les intervenants sociaux que nous devrions mettre en place avec le concours du Conseil départemental et des Communautés de communes qui ont accepté de participer au financement.

Chiffres clés

Base nombre de dépôts de plainte en 2020, en Lot-et-Garonne

Violences au sein du couple

88 % des plaintes pour violences conjugales concernent des femmes.

Violences au sein de la famille

903 plaintes ont été déposées pour des violences intrafamiliales (VIF) dont 77 % concernent des femmes.

Le travail des associations

Plus de 1 000 femmes ont été accompagnées par les associations du département.
Près de 150 femmes et autant d’enfants ont été hébergés dans l’un des centres d’hébergement du département.

Les dispositifs favorisant le transport

• l’équipe EMA (qui met à l’abri des femmes victimes le week-end) a transporté près de 50 femmes et 70 enfants.
• le dispositif, mis en œuvre avec les syndicats des taxis ruraux et des taxis du Lot-et-Garonne, a permis d’assurer le transport de 42 femmes et 42 enfants pour diverses démarches (dépôt de plainte, hébergement...)

Contacts

Signalement auprès des structures associatives du département :

Réseau d’entraide : 07 85 38 05 07
reseau-entraide-violences@orange.fr

Maison des femmes : 05 53 40 03 62
maison.femmes@laposte.net

Chrysalides 47 : 06 48 05 31 96
chrysalides47@gmail.com

Planning familial : 05 53 66 27 04
planningfamilial47@orange.fr

France victimes 47 : 05 53 66 23 03
francevictimes47@sauve-garde.fr

Renseignements juridiques

FR-CIDFF - 05 40 24 62 62

Accompagnement psychologique

Alizé - 09 81 02 98 44

Pour être hébergée.

Contacter le 115

Ligne nationale gratuite et anonyme d’écoute :

3919

Plus d’infos :

www.femmes-violences47.fr

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Lutte contre les violences faites aux femmes

Ne rien lâcher !

903, c’est le nombre de plaintes déposées en Lot-et-Garonne auprès de la police et de la gendarmerie pour violence familiale en 2020. Un nombre en augmentation de 9 % par rapport à l’année précédente. Le mouvement #MeToo, largement connu depuis octobre 2017, a permis une libération de la parole et une prise de conscience sur ce sujet tabou des violences faites aux femmes. Depuis trois ans, les mesures prises et les actions mises en œuvre pour lutter contre ce fléau se développent en France, mais de grandes inégalités perdurent. En Lot-et-Garonne, la présidente du Conseil départemental a souhaité faire de cette lutte une grande cause départementale en 2021. Tour d’horizon de quelques initiatives lot-et-garonnaises.

Depuis les mouvements #MeToo ou #NousToutes, notamment car il y en a eu bien d’autres depuis fin 2017, la société s’est emparée de la question des violences sexuelles et sexistes faites aux femmes. Il s’agit bien évidemment des violences physiques et morales, mais aussi plus généralement de toutes les discriminations dont les femmes font l’objet : inégalité femmes-hommes (par exemple en matière salariale), sous-représentation à des postes importants… Stéréotypes et préjugés vont bon train. Tout le monde a un avis à donner, preuve que cette cause ne laisse pas indifférent. Certains s’offusquent que de tels sujets soit déballés en place publique, d’autres estiment que cette lutte est synonyme de libération de la femme. Même les mots employés changent. Cela peut être anecdotique, mais cela reflète bien une évolution des mentalités. L’édulcoré « Crime passionnel » n’est-il pas devenu un « féminicide » ? Depuis trois ans, les choses semblent donc bouger positivement, même si les avancées sont lentes. La société entière se rend compte que les violences faites aux femmes sont massives et réelles et qu’elles touchent toutes les catégories socio-professionnelles, toutes les régions (rurales et urbaines) et tous les âges. La jeune génération se sent bien évidemment concernée, car sensibilisée via les réseaux sociaux ou malheureusement (déjà) victime. Alors, elle s’implique. Les élues-élus juniors de la commission Valeurs de la République du Conseil départemental jeune de Lot-et-Garonne se sont par exemple emparés du sujet des discriminations.

La lutte contre les violences faites aux femmes et la promotion de l’égalité femmes/hommes font partie des priorités du Conseil départemental, garant des solidarités humaines. Il soutient depuis toujours les victimes qui sont accueillies et prises en charge par les travailleurs sociaux et les professionnels de santé départementaux. Autres domaines d’intervention : protection de l’enfance, accueil mère-enfant, soutien financier des associations entrant dans le dispositif de luttes contre les violences… Le 2e protocole départemental de prévention et de lutte contre les violences faites aux femmes 2017-2021 renforce également le partenariat entre les services de l’État et les différents acteurs impliqués dans l’accueil, le soin, l’accompagnement et le suivi des femmes victimes de violences. Il finance aussi le dispositif d’ISCG (Intervenante sociale en gendarmerie et police). Le protocole permet en plus de mettre en place de nombreuses actions comme la création de groupes de paroles, la formation des travailleurs sociaux, l’organisation de campagnes d’information et de sensibilisation… Le sujet est vaste et doit concerner tout le monde comme le fait remarquer Marylène Paillarès, conseillère départementale déléguée à l’égalité femmes/hommes et à la lutte contre les discriminations.

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