47 Magazine - 57 : Juin 2022

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Couv-Margaux_MCmain_ter_3.jpg © Dép 47 - Xavier-Chambelland

Cheffe décoratrice de Jour de gloire

« Être décoratrice pour le métacinéma, c’est Magique ! Il y a beaucoup de pression. La bienveillance entre les différentes équipes est réelle et tellement appréciable. C’est sportif aussi ! L’adrénaline est multipliée et il faut rester très concentrée. On a chorégraphié chaque mouvement avec mon équipe. Chacun savait ce qu’il avait à faire et les objets ou meubles à déplacer et à quel moment. On n’avait pas droit aux faux raccords. Il fallait prêter attention à tout : une rubalise pas enlevée, des gobelets ou bouteilles qui trainaient. Vérifier que chaque élément était bien en place. Cela demande une bonne organisation et une attention permanente. Jour de gloire a été une expérience incroyable ! »

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Portrait

Margaux Mémain

Rencontrer Margaux Mémain, c'est passer avec elle de l'autre côté du décor. Pas celui que chacun peut voir de ses yeux mais celui qu'elle a façonné avec son cœur, ses mains, ses songes, son professionnalisme. Elle enchaîne aujourd'hui les films comme cheffe décoratrice et gravit les marches de sa destinée.

Margaux a toujours su qu’elle serait « dans l’art, dans le ma­nuel ». En 2004, lors d’un séjour au Maroc à la rencontre de l’artisanat local, elle s’initie à la peinture décora­ tive sur bois et mobilier. Elle y trouve « la source de sa création ». Une « révélation » qui déclenche un parcours de formation.

Après un CAP de peintre en bâtiment, un bac pro, elle parfait son apprentissage chez les Compagnons du devoir à Lyon, où elle apprend les techniques des peintres décorateurs. S'ensuivent huit mois au très réputé Institut supérieur de peinture Van der Kelen en Belgique, où elle touche au trompe-­l'œil et aux perspectives. Puis l'opportunité de travailler à New York se présente et ce sont deux années de glacis, de laques, de fausses matières, et autres techniques rares. « C’est un tout car une décoratrice qui arrive sur un chantier sans notion de bâtiment ne peut être tota­lement prise au sérieux ! »

Son inscription au Bureau d'accueil de tournage 47 (Bat 47) va la faire changer de décor. Pour la jeune trentenaire qui pra­tique la peinture décorative (trompe-­l’œil, décoration d’intérieur ou d’extérieur...), un nouvel univers se présente : décoratrice de film. Admirative de certains décors de films, elle affectionne en particulier ceux de Delicatessen de Jean­Pierre Jeunet, de Wes Anderson et de tant d’autres. Elle avoue que ce métier la maintient « dans l’adrénaline, la vibration, l’improvisation. Je suis toujours à l’écoute de mon cœur ». Ce job lui de­ mande beaucoup d’énergie : deux à trois semaines pour un court­mé­ trage, jusqu’à quatre mois pour un long­ métrage.

Depuis 2016, elle enchaîne les « challenges » et les films : 3e assistante décoratrice pour Diane a les épaules de Fabien Gorgeart et The last duel de Ridley Scott avec Matt Damon et Ben Affleck notamment, cheffe décoratrice dans Perles d’Alexis Hellot, Les petites mains de Rémi Allier (César du meilleur court métrage), La Nuée de Just Philippot (nominé à la semaine de la critique à Cannes en 2020 et aux Césars 2022), Nos cérémonies de Simon Rieth (nominé à la semaine de la critique à Cannes en 2022) et Jour de gloire de Jeanne Frenkel et Cosme Castro (lire notre article « La nouvelle ère du cinéma »).

Aujourd’hui, elle reçoit des propositions de tournages un peu partout en France.

Jour de Gloire

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