47 Magazine - 50 : Mai 2020 - Spécial

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Médecin, infirmier, pompier, enseignant, caissière, boulanger, collecteur d’ordures ménagères et tant d’autres… Ces Lot-et-Garonnaises et ces Lot-et-Garonnais ont, malgré eux, accédé au rang de « héros du quotidien ».

Ces premières et deuxièmes lignes, comme on les appelle maintenant, ont continué à travailler, souvent sur le terrain, en toutes circonstances, pour notre bien, pour nous soigner, nous permettre de nous nourrir, éduquer nos enfants, ramasser nos déchets… Ils ont, tout simplement, été indispensables à notre vie de « confinés ».

« 47 » a souhaité leur rendre hommage en vous présentant quelques-uns d’entre eux.

  • Le meilleur de nous-mêmes en vidéo

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    Cindy, assistante de vie de l’Una de Pujols

    Comme les nombreuses aides à domicile qui ont été très actives durant cette période, Cindy, assistante de vie de l’Una de Pujols et formée au lycée l'Oustal de Villeneuve-sur-Lot, s’est régulièrement rendue chez Claude pour faire le ménage, les courses, mais aussi, en cette période difficile de confinement, lui tenir compagnie.

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    Héros malgré eux

    Agents de tri et de collecte d’ordures ménagères à la Communauté de communes des Coteaux et Landes de Gascogne, Laurent taylor et Mathieu benouahad n’ont pas arrêté de travailler durant tout le confinement. Ils ont même été encore plus sollicités. « Les 3 premières semaines, les volumes de déchets étaient bien plus importants que d’habitude, c’était flagrant. Il est évident que durant cette période, les gens ont pris le temps de s’occuper de leur intérieur. » Laurent résume sa pensée en une belle formule : «  Chacun a rangé sa vie.  » Mathieu, collecteur de points d’apport volontaire, explique quant à lui que ses missions ont un peu évolué au moment où les déchetteries et la chaîne de tri de Nicole ont dû fermer. Il a parcouru en conséquence de plus longues distances, seul, sur des routes souvent désertes… Comme son collègue, il confie que cette solitude a pu peser à certains moments. Mais ils ont tenu bon, notamment grâce aux remerciements, aux dessins d’enfants par centaines, aux chocolats de Pâques bien plus nombreux qu’à l’accoutumé… et aux applaudissements. « Lorsqu’on a commencé à applaudir à notre passage, là on s’est vraiment dit que quelque chose de grave était en train de se passer. C’était une prise de conscience », explique très sobrement Laurent. L’humilité face à cette manifestation exceptionnelle de reconnaissance est bien la marque des héros du quotidien.

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    Rayonnante

    « Au tout début du confinement, c’était la ruée dans les rayons. Savon, farine, papier toilette… de nombreux produits étaient plébiscités… » Jessica Otvas travaille dans un supermarché de Marmande et se rappelle parfaitement cet épisode. « Ensuite, les choses se sont calmées. C’est le drive qui a été sollicité. » Elle avoue avoir eu, comme ses collègues, la hantise d’être contaminée, « mais nous avons répondu présent pour bien évidemment continuer à ravitailler la population. » Maintenant, elle espère « que l’après Covid-19 nous rendra plus forts et plus solidaires. »

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    Force tranquille

    Âgé de 58 ans, Christian Delsuquet exerce depuis 32 ans dans la Police municipale. Gardien de police municipale en 1988 à Bergerac, il a ensuite postulé pour la création du service de la police municipale au Passage-d’Agen où il a été recruté en mars 1998. Cela fait donc 22 ans qu’il est sur le terrain, exerçant sa fonction sur quatre communes : Le Passage, Estillac, Roquefort, Brax. Sur le plan personnel, cet homme chevronné a vécu le confinement comme « un manque de liberté ». Comme tout un chacun, il a dû se justifier par une attestation pour se déplacer, ne pas voir ses amis, sa famille, faire la queue devant certains magasins, se priver de sport puisque la salle était fermée. Au vu de sa profession et de son statut d’éducateur sportif, il reconnait qu’il se devait de montrer l’exemple. Zéro entorse ! Il a totalement respecté les règles du confinement !

    À titre professionnel, son but fut d’assurer une présence visible et dissuasive sur la voie publique, en lien avec les maires, les élus, la direction générale et les administrés pour faire respecter les règles de bonne conduite sur le confinement et réduire les sentiments d’insécurité. « La police municipale a procédé à divers contrôles notamment le contrôle des attestations de déplacement avec diplomatie et nous n’avons rencontré aucune difficulté. Pas d’outrage, aucune contravention relevée. Les habitants se sont sentis rassurés, protégés lors de nos interventions. Les regards des administrés sur la police municipale semblent positifs. »

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    Même pas peur

    Mathilde Bourdon est une jeune femme de 25 ans très dynamique et « non craintive  ». Sapeur-pompier volontaire à Monflanquin, elle affronte le danger sans se poser (trop) de questions inutiles. « Le Covid-19… Je n’y ai pas pensé plus que ça. Nous avons du matériel adapté et des protocoles. Tous les jours, le matériel est également désinfecté. Donc, je me sens entièrement en sécurité. » Et puis, elle avoue que les risques font partie de ce métier. Au cours, des deux mois écoulés, elle a prêté main forte à la caserne de Monflanquin. « J’ai renforcé l’effectif et je suis bien évidemment allée sur le terrain car les urgences diverses sont toujours d’actualité. » Il y a ceux qui tombent d’une échelle, ceux qui se blessent en tondant, les bricoleurs maladroits… Même s’il y avait moins de voitures qui circulaient, il y a eu des accidents de la route. Et lorsque c’était « calme », elle faisait du télétravail pour son employeur le… Service départemental d’incendie et de secours (Sdis). « J’ai pu utiliser les ordinateurs de la caserne pour avancer sur mes dossiers et une fois par semaine, je me rendais à Agen en présentiel. » Elle a ainsi mis à jour les demandes de stages et de formations de ses collègues pompiers puisqu’elle travaille au service formation. Polyvalente et boulimique de travail, elle est aussi formatrice au sein de la cellule engagement citoyen intégrant plusieurs jeunes en service civique. « Cela signifie que j’interviens auprès du grand public, des enfants ou des jeunes pour les initier aux gestes qui sauvent, les sensibiliser aux dangers domestiques… » Avec le confinement, toutes ces activités ont été interrompues, alors cela lui a laissé le temps de penser à l’après.

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    Sur la route...

    « Nous transportons et stockons des denrées alimentaires sous température dirigée. Nous sommes spécialisés dans le transport de fruits et légumes, majoritairement pour la grande distribution. En synergie avec notre agence de Perpignan, nous couvrons l’axe Perpignan, Toulouse, Bordeaux, et Vendée. Pour les conducteurs routiers et les manutentionnaires, bien sûr le télétravail est impossible. Nous l’avons envisagé pour les personnels de bureau, mais comme ils participent directement à l’organisation du travail des collaborateurs sur le terrain, nous avons écarté cette éventualité. Nous avons alors étalé les horaires d’embauche et accru l’utilisation des supports numériques pour éviter les contacts, sensibilisé aux risques épidémiques, changé la disposition des postes de travail, etc. Notre activité est vitale, il nous fallait la continuer. D’autant plus, qu’il y a eu un pic d’activité les 15 premiers jours du confinement : il était crucial de continuer l’approvisionnement des magasins. Pour faire face à ces difficultés et maintenir le cap, je garde à l’esprit l’encouragement de mon grand-père, Christian Guéry, qui a fondé l’entreprise : " Il va falloir vous retrousser les manches " ». Florent Guéry, directeur des Transports C. Guéry à Bon-Encontre

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    Présente !

    Tous les soirs, Nathalie Chevalier s'est rendue rend au collège de Castelmoron pour effectuer la désinfection du lieu. Elle met du cœur à l’ouvrage, sachant son importance. « C’est dur de trouver le collège sans vie… sans bruit… de ne croiser personne… et puis j’ai peur de l’attraper aussi », avoue-t-elle. Mais elle a surmonté ses angoisses pour « nettoyer poignées, sanitaires, tables… partout où le jeune et ses professeurs sont passés ». Car en effet, le Département a donné la possibilité aux enfants des personnels en première ligne d’être accueillis dans les collèges et aux enseignants de venir dispenser les cours. Cet accueil s'est fait en toute sécurité et dans le respect des règles d’hygiène. Une lourde mission attribuée à Nathalie, agent du Conseil départemental.

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    Dr Valérie Jacquiez, médecin PMI du Conseil départemental.

    « Ce que le confinement a changé ? En fait, beaucoup de choses ! Au début, seulement 3 Centres médico-sociaux étaient ouverts sur 8 dans le département dont un à Agen, celui de Tapie. Ainsi, notre équipe du CMS Louis-Vivent, comme celle du CMS Montanou, a investi le CMS Tapie. Parmi le personnel de PMI mobilisable, un médecin et une puéricultrice se sont succédés sur place, selon un roulement préalablement établi, tandis que les autres étaient en télétravail. Nous avons continué à assurer en priorité les rendez-vous pour les vaccinations des tout-petits de moins de 18 mois, le suivi de bébés vulnérables et les urgences médico-sociales. Il y avait beaucoup de rendez-vous à programmer puisqu’on devait couvrir 4 secteurs : Tapie, Louis-Vivent, Montanou et Nérac. Mais certaines familles ont refusé de se déplacer, faute de moyen de locomotion, mais surtout par peur d’attraper le virus. Notre rôle a été aussi de les rassurer en leur expliquant que les conditions étaient réunies pour respecter les mesures sanitaires. Par exemple, les rendez-vous ont volontairement été espacés de 45 minutes au lieu de 20 minutes habituellement pour éviter l’attente et le croisement des personnes. Ce laps de temps permettait aussi la désinfection du matériel et des surfaces entre 2 consultations. En parallèle, les puéricultrices ont poursuivi l'accompagnement des 1 500 assistantes maternelles et des 26 crèches réquisitionnées sur l’ensemble du Lot-et-Garonne. Et enfin, plus de 100 visites à domicile ont également été effectuées par les puéricultrices et les sages-femmes. »

    Dr Valérie Jacquiez, médecin PMI, Protection maternelle et infantile du Conseil départemental.

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    Amandine Passeri, boulangère à Blanquefort-sur-Briolance

    « Dès le début du confinement, nous avons pris la décision de fermer l’espace de vente, mais de maintenir la fabrication du pain deux fois par semaine. Ainsi, le fournil fonctionnait de manière "raisonnée". Et comme nous faisons du pain au levain, il se conserve plusieurs jours », explique Amandine Passeri, boulangère à Blanquefort-sur-Briolance avec son compagnon.

    Installés depuis 1 an à peine, ils ont dû modifier leur manière de fonctionner et travailler sur commande. « Les jours d’ouverture, les clients venaient chercher leur pain posé sur des tables à l’extérieur. Ils mettaient l’argent correspondant dans une boîte. Ce système est bien sûr basé sur la confiance, mais dans notre tout petit village, tout le monde se connaît. » Elle avoue que leur chiffre d’affaires est un peu en perte de vitesse, « car nous ne faisons plus de viennoiseries, et le système mis en place n’a pas convenu à tous nos clients. Nous avons préféré préserver la santé des gens vulnérables ». Même si le contact avec sa clientèle lui manque, elle a apprécié de pouvoir passer plus de temps avec sa fille de 2 ans et demi.

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    Expert en proximité

    La pharmacie de Youssef Toute à Barbaste est toujours restée ouverte._ « Nous avons répondu à la demande. Nous avons été, encore plus qu’avant, au service de nos clients. Nos livraisons à domicile se sont intensifiées pour les personnes les plus en difficulté, fragiles, ou seules. »_ Il avoue que cette période a été très intense, car il fallait répondre aux inquiétudes des clients. « Leurs interrogations ont évolué au fur et à mesure du temps. Au début, elles portaient sur la propagation du virus, les gestes barrière, les masques. Maintenant, elles sont plutôt en rapport avec le déconfinement. » Il fallait donc rassurer les clients, et parfois essayer de canaliser les demandes les plus improbables. « J’ai remarqué que les gens passaient beaucoup de temps devant la télévision, ou sur les réseaux sociaux. Cela générait parfois des angoisses (bien légitimes d’ailleurs). Et dès qu’un "pseudo expert" se prononçait en faveur d’un remède miracle, il fallait en avoir sur le champ et en quantité ! Au tout début, le Paracétamol a connu un vif succès, les gens venaient parfois en acheter 10 boîtes. Tant et si bien que l’État a dû limiter sa vente par arrêté. Ensuite, cela a été le tour de la Chloroquine. Je les informais que les pharmaciens ne pouvaient pas la délivrer sans ordonnance. Puis certaines huiles essentielles ou de l’homéopathie, aux vertus respiratoires par exemple, ont été très demandées. » Le pharmacien ajoute que l’ensemble des professionnels de la pharmacie a fourni des efforts durant cette période, allant même jusqu’à fabriquer du gel hydroalcoolique lorsqu’il n’y en avait plus pour le distribuer gratuitement aux Barbastais.

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    Chef à la rescousse

    Dès le début de la crise sanitaire, pour soulager les personnels dits « en première ligne », la municipalité de Monflanquin a décidé d’accueillir les enfants des soignants. « D’habitude, je suis chef cuisinier à la cuisine centrale. Avec mon équipe, nous préparons les repas de la crèche, des écoles maternelle et primaire, et du centre de loisirs. Dans ce contexte si particulier, j’ai tout naturellement répondu présent. Christelle Bencech et Caroline Miossec, agents territoriaux spécialisés des écoles maternelles et Vicky Guinès, agent de service, en ont fait de même. Sans elles, l’accueil des enfants aurait été très difficile », se rappelle ALAIN FABRIES dont l’épouse est infirmière libérale et donc mobilisée elle-aussi. L’équipe ainsi constituée a accueilli les enfants dès le matin en garderie, leur a préparé le déjeuner, a nettoyé et désinfecté ensuite les lieux utilisés. Âgés de 3 à 9 ans, ils étaient entre 6 et 12 selon les jours. « Nous étions très contents de soulager les parents, qui partaient l’esprit un peu plus libre. J’ai essayé de les gâter avec des choses appétissantes, comme des fraises de producteurs locaux. » C’est bien connu, tous les enfants aiment les fraises ! Et une fois cette journée terminée, Alain en débutait une seconde à la maison avec le suivi de la scolarité de ses enfants. « Ça faisait des journées bien pleines. »

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    Première de bordée

    Elle est en effet à la tête de la brigade de Miramont-de-Guyenne qui regroupe 3 brigades de proximité : Duras, Miramont et Seyches. Elle précise que toute son équipe s’est rendue disponible, même ceux ayant des enfants en bas âge ou scolarisés. « Nous avons travaillé en bordée. Pour éviter toute contamination, les militaires de chaque unité ne se croisaient plus et travaillaient en semi-effectif, et en extérieur. » Leurs missions : répondre présent, être vigilants par rapport au respect du confinement ou des gestes barrière, veiller à la bonne distanciation sociale notamment lors de la réouverture des marchés et apporter du soutien en cas de besoin.

    Cela a parfois été le cas notamment dans les grandes surfaces. « Nous sommes aussi allés à la rencontre des gens, des commerçants, des entreprises et des élus. » La lieutenante précise que la présence de son équipe sur le terrain a été bien prise par la population. « Nous avons fait beaucoup de pédagogie, et parfois face à certains comportements déraisonnables, nous avons été obligés de verbaliser. » Elle a constaté un relâchement des comportements juste avant le déconfinement, alors « nous faisons appel au discernement, à la responsabilité et au civisme de chacun ». Une fois de retour chez elle, c’est auprès de sa fille de 15 ans « surchargée de travail scolaire » qu’elle peut se reposer. « Je vis une situation tout à fait particulière, car depuis le 8 mars, mon mari et mon fils, pompier volontaire, sont confinés en Charente-Maritime... »

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    2 questions à...

    Quelle organisation avez-vous mise en place pour faire cours à distance à des élèves de 10 ans ?

    Le début du confinement a nécessité de s’adapter très rapidement aux nouvelles technologies, convertir des documents en PDF, compresser, scanner, mettre en place des visio-conférences avec mes collègues. Il m’a fallu quelques jours pour maîtriser l’ensemble de ces outils. Un parent d’élève m’a même prodigué quelques conseils pour être plus efficace. Pour que l’ensemble des familles reçoivent les documents pédagogiques, j’ai multiplié leur accès : envois par mail, photocopies à récupérer lors des permanences hebdomadaires.

    J’ai aussi planifié le travail sur la semaine en ciblant quelques matières comme le Français et les Mathématiques. Les parents s’organisaient pour proposer des temps d’apprentissage en fonction de leur disponibilité. Ils ont dû jongler entre le télétravail et les exercices. Certains m’ont dit que cela leur avait permis de faire quelques révisions ! Je leur envoyais également un emploi du temps et des consignes détaillées afin de guider élèves et parents, les exercices et leurs corrections pour permettre une auto-évaluation. En retour, les parents me transmettaient par mail ou vidéo le travail pour que je puisse donner quelques conseils individualisés. Pour me réciter leur poésie, les élèves se sont enregistrés avec le téléphone.

    Est-ce que conserver ce lien est important ?

    Oui, chaque élève doit sentir que nous sommes présents, malgré la distance, et que nous avons un regard bienveillant sur leur travail. L’objectif était de maintenir un travail régulier, quotidien dans la mesure du possible tout en évitant le décrochage des élèves les plus fragiles et donc de creuser les inégalités entre les élèves. Je reçois aussi régulièrement des petits mots doux : « Maîtresse tu me manques, il me tarde de te revoir. » Ils sont impatients de revenir à l’école et de revoir leurs camarades. De plus régulièrement, je prends contact avec les familles par téléphone afin de maintenir un lien, de motiver les élèves et de vérifier également si le moral est bon. Toutefois, comme dans toutes les écoles, nous avons des difficultés avec certaines familles pour conserver ce lien. C’est un travail très prenant ! Et avec deux adolescents suivant les cours à domicile, mes journées sont particulièrement bien remplies.

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    Entretien

    L’activité de votre association a dû être chamboulée par le confinement ?

    L’annonce du confinement a en effet été suivie d’une période d’intense recherche. Comment poursuivre notre travail de lutte contre l’isolement des victimes des violences intrafamiliales ? Les lieux de permanences fermés, il ne fallait pas que les personnes isolées se sentent totalement abandonnées dans des situations de harcèlement H24. Le téléphone URGENCES devait continuer à fonctionner. Il ne m’a plus quitté un seul instant. Il y eu moins d’appels directs mais la complémentarité entre les institutionnels et notre association s’est avérée être une réalité presque quotidienne.

    Nous avons également stoppé la préparation des événements prévus pour avril et mai. Il est difficile de se projeter pour programmer de nouvelles dates. Mais, nous sommes restés mobilisés. Le point positif de cette situation est que nous avons reçu de nombreux appels de personnes désireuses de venir en aide aux victimes de violences familiales. La plupart ont eu la chance de sortir du cycle des violences et témoignent que cela n’a été possible que grâce à l’écoute et au soutien d’autres humains.

    À titre personnel, comment avez-vous vécu cette période ?

    Je suis très soucieuse face aux angoisses qui s’installent, face au repli sur soi. Beaucoup sombrent dans la peur : peur de la maladie, peur des autres qui transporteraient le virus, peur du manque. Certes, les risques de contagion sont là mais qu’adviendra-t-il des relations humaines au quotidien, de la solidarité comme de la bienveillance si c’est « la peur de » qui prime ? Je respecte le désarroi de certains mais je pense que ces épreuves doivent être dépassées collectivement en donnant à l’Humain la place qui doit être la sienne.

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    La bonne oreille

    À la différence des autres commerces non-alimentaires, les bureaux de tabac-presse pouvaient rester ouverts. Bruno Degroot, buraliste à Agen, explique avoir légèrement modifié ses horaires et bien évidemment mis en place les mesures de protection nécessaires pour ses deux salariés et lui, mais aussi pour ses clients fidèles et les nouveaux. « Ils prennent plus le temps, notamment les personnes âgées pour qui c’est, sans doute, une sortie importante. Nous conseillons, nous discutons. Être un commerce de proximité permet ce temps d’échanges ». En ces temps de confinement, les revues, mots croisés et jeux à gratter ont connu un vrai succès. « Nous, on s’en est globalement sorti, mais j’ai une pensée pour tous les autres commerces fermés. Ça me faisait mal au cœur à chaque fois que je passais devant une devanture fermée. »

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    Animateur de bonheur

    Alain Roussel a apporté un peu de bonheur aux personnes âgées de l’Ehpad de Monflanquin. « Elles ont durement été touchées par ce confinement si brutal, et si strict. Alors, j’ai troqué mon synthétiseur qui doit être branché sur secteur contre mon violon et je suis allé de fenêtre de chambre en fenêtre de chambre pour leur offrir un moment musical, un peu de légèreté. » En effet, Alain intervient dans cet établissement depuis 2 ans.
    Il connaît donc parfaitement les résidents. Il confie que le plus frustrant a été de ne pas pouvoir les approcher. « Habituellement, nous chantons ensemble, certains dansent. Là, les choses étaient un peu plus compliquées. Cependant cette expérience a été un bon moment, un plaisir partagé », estime le retraité.

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