47 Magazine - 50 : Mai 2020 - Spécial

archives

Aide

Collapse

Uncollapse

Confi(n)ez-vous ! Imaginer ensemble l’après

En avril, la jeune étudiante en lettres Eva Teirlynck a créé le site participatif d’expression libre : confinementprojetc.wixsite.com/confi-nement. Il donne la possibilité aux Lot-et-Garonnaises et Lot-et-Garonnais de tout âge de publier anonymement un texte, une pensée, une anecdote sur le confinement. Voici un florilège de ressentis… à lire maintenant et à relire plus tard.

  • test-picto3.png

    « Confinement, confinement, confinement ! Tous ils n'ont que ce mot à la bouche... et ils s'ennuient, et ils font du sport, de la cuisine, des vidéos, du jardinage, du bricolage et ils chantent, ils jouent, ils applaudissent... et ils s'ennuient... C'est long, c'est dur... Ils disent que demain sera différent, le temps d'après... Certains bravent les interdits, pensent au complot, aux lois liberticides, se faufilent en douce... La plupart sortent quand même le masque de travers, gantés comme aux temps élégants... et toi tu bosses, tu bosses, tu bosses pendant ce temps, la trouille au ventre de L'attraper ou de L'avoir, de L'avoir eu et de LE transmettre à ton tour à ceux que tu aimes, à n'importe qui, portant la responsabilité d'un INVISIBLE danger, mais tu bosses quand même car ce que tu fais est important pour ton pays, pour que cela continue. Sentiment immense de passer à côté de quelque chose, se sentir exclue d'un événement où des milliards d'êtres humains sont conviés... Dans longtemps, lorsque la crise sera passée, ils se raconteront le confinement. Et toi, tu n'auras jamais su ce que c'était de l'éprouver... Pendant ce temps, tu bossais, tu bossais, tu bossais et eux ils applaudissaient et te maudissaient en même temps... »

  • « Se confiner, se poser, se soustraire, se distraire, ralentir, sourire, s’écouter, se parler, se dorloter, se préserver, regarder, s’émerveiller. Et si le confinement, finalement était un commencement ? »

  • test-picto5.png

    « Le confinement pas trop difficile à supporter mais ça commence à peser sur le moral manque de voir la famille et les proches pas de câlins pas de bisous ça fait bizarre bien sûr il y a le tel et les vidéos de whatapps pr converser Ne plus pouvoir sortir plus de contacts sauf 1 petit salut au loin des voisins sinon rien pas d’activité extérieure les magasins sont fermés les restaurants aussi pourtant c’était un bon petit plaisir et 1 petite lumière dans notre vie toute chamboulée pour raisons de santé on profite du jardin avec le beau temps on admire la nature on écoute le chant des oiseaux et les observe picorer les graines déposées et on guette l’agilité de notre petit écureuil qui ns rend souvent visite ah tiens 1 voiture qui passe et brise ce silence !!! Le confinement c’est 1 effort à faire pour le bien de tous soyons vigilants pour combattre cet ennemi invisible et saluons le personnel soignant pour leur dévouement ts ensemble ns vaincrons à bientôt dans notre monde d’avant »

  • « Confi'nement… prenons-le comme une belle occasion ! :) L'occasion de conf'ier nos pensées dans un carnet, de conf'igurer nos projets dans notre tête pour être sûr de leur donner vie plus tard, de confi'turer pour nourrir le besoin sucré de nos êtres chers, de conf'érencer avec ceux qui sont loin et à qui nous pensons, de conf'ectionner de nouvelles créations manuelles, de conf'esser nos envies à nos amis, de conf'isquer la mauvaise humeur et n'en faire que du Bonheur ! »

  • test-picto2.png

    « Depuis le début de cette crise, on passe un peu par tous les états... La panique au travail, que va-t-il se passer? Comment vont évoluer les choses ? On se retrouve seul, tranquille, on profite de la nature et on fait du sport, on prend soin de soi. Puis le travail redevient plus ou moins normal dans une ambiance étrange, on prend encore soin de soi mais les proches commencent à nous manquer. Les apéros en visios sont coutumes mais ne remplacent pas le fait de se voir en vrai. Actuellement on se demande comment va se passer le déconfinement au boulot, les proches manquent de plus en plus, on se défoule en faisant du sport... Et il y a toi, toi mon chêne, le ciment de la famille, tu t'en vas, petit à petit tes forces s'amenuisent et tu vas partir... Tu n'avais jamais vécu un confinement, on le vit avec toi plus ou moins proches, on reste à tes côtés et tu resteras à nos côtés pour toujours... Tu nous et tu me manques déjà, foutu confinement, tu mérites de nous avoir tous avec toi en ce moment même... Merciiii d'être toi, d'avoir été toi. Est-ce qu'avec le déconfinement tu vas revenir et ne plus partir ? Je l'espère… mais cela est je crois une hérésie. Tout ne sera plus pareil après, c'est sûr. »

  • « Une pause dans nos vies, atemporelle. L’occasion de revenir à l’essentiel. Se promettre de changer de comportement, de consommer plus responsable, plus local, plus sain. Mais saurons-nous ne pas oublier, quand nous aurons repris le train-train quotidien ? »

  • test-picto4.png

    « On m'appelle la vie. On m'appelle nature. Je m'appelle la terre. J'existe depuis 4 milliards et demi d'années. Soit depuis plus de 22 500 fois plus longtemps que vous. Je n'ai pas besoin de vous. Mais votre futur dépend de moi. Lorsque je prospère, nous prospérons. Lorsque je faiblis, nous faiblissons. J'existe depuis toujours. Je vous nourris, respectez moi. Mes océans, ma terre, mes rivières, mes forêts vous accueillent, vous protègent, vous nourrissent. Respectez moi. Le choix que vous ferez aujourd'hui déterminera votre demain. Que vous vous préoccupiez de moi m'importe peu. J'étais là avant vous. Je serais là après vous. »

    Déposez vous aussi votre message
  • test-picto-6.png

    « Je ne compte plus les jours depuis le début de ce confinement. Je dois avouer que je suis passée par un peu toutes les phases, j’ai d’abord été en colère, (évidemment petite occidentale capricieuse à qui l’on retire sa liberté), puis la panique a pris le dessus pendant environ 10 jours, et si les enfants étaient porteurs sains et s’ils le développent et si c’est la forme grave et si et si et si... puis et venu le temps de ce que j’appelle la résilience ou l’acceptation et je dois dire que cette parenthèse me plaît. J’ai un peu honte de l’avouer mais je profite de mes enfants, de ma maison, mon jardin, je vis doucement au rythme de l’école à la maison et des premières fois de bébé. Je ne me sens en sécurité que chez moi, loin des autres... égoïsme, égocentrisme je ne sais pas... mais la peur n’est pas loin, il ne me tarde pas que cette bulle éclate, je les vois grandir, s’épanouir, se lier. Tout cet amour servira-t-il à combattre cet ennemi invisible et sournois, mon esprit s’égare... peut-être suis-je un peu trop con’finée. »

splash.png Notre Emag ne prend pas en charge la lecture sur mobile pour le moment. Nous vous invitons à le consulter sur tablette ou ordinateur. Continuer tout de même