Lorsqu’il arrive au Stelsia, début 2015, les planètes sont bien alignées pour Michel Vico et sa brigade lilloise qui l’a suivi. Philippe Ginestet lui a, en effet, donné carte blanche pour organiser « Le Jasmin », sa cuisine, ses salles de restaurant et leur décor. Il ne lui reste qu’à se retrousser les manches et à construire son futur. Il va le « cuisiner » avec ambition et savoir-faire car son rêve est d’aller chercher l’étoile, récompense de cette confiance qui lui a été accordée !
L’homme est sensible. Il a cette élégance à la française qui fait rimer talent et modestie, émotion et passion. Le jeune homme qui avait quitté son Lot‑et‑Garonne natal y est revenu après un parcours chez les grands. Fréquenter des établissements étoilés n’a pas entamé sa simplicité et son amour pour les belles et bonnes choses. Il a gardé un tempérament « joueur ». Il mise sur le luxe décomplexé, la convivialité, le partage, l’éveil des sens, une cuisine architecturale et colorée, née de son expérience de pâtissier-cuisinier. Il casse les codes.
Ses assiettes ne mentent pas et respirent l’authentique. Elles fleurent les bons produits, locaux de préférence, et exhalent cette philosophie qui le guide. Il l’avoue simplement : cette étoile, il la voulait. Il est allé la chercher avec son coeur et ses tripes. Le Guide rouge a été séduit par son foie gras à la betterave, ses ris de veau, son homard truffé au foie gras. Il conclut sur la leçon donnée par sa fille Chloé, dix ans, qui a trouvé que les oeufs florentins concoctés par papa manquaient d’épinard. Toujours à l’écoute de ses clients et de son entourage, il a vérifié et modifié, car « la petite » avait raison !

