Marguerite Donnadieu a 8 ans lorsqu’elle découvre « Le Platier », propriété que son père achète près de Duras et où il décèdera peu après. Elle y séjourne deux ans, en immersion dans un pays si différent de son Indochine natale. Elle s’y gorgera de toute la matière nécessaire à l’écriture de son premier roman Les Impudents. Et parce qu’il « reste toujours quelque chose de l’enfance, toujours... » - extrait de son ouvrage Des journées dans les arbres – elle le signera d’un nom de plume éponyme au lieu consacré à son attachement à la terre paternelle : Duras. Cet hommage, Marguerite Donnadieu le recevra à son tour en 1997, juste après sa mort, lorsque quelques passionnés, habitants de Duras et universitaires, fondent l’association littéraire Marguerite‑Duras. Son but : faire connaître son œuvre et sa résonance avec le Duraquois.
« Il y a un tel foisonnement créatif autour de l’œuvre, tant littéraire que cinématographique, de Marguerite Duras que nous avons souhaité donner l’occasion aux auteurs, cinéastes, comédiens qui travaillent sur elle de se rencontrer et d’échanger », explique Michèle Ponticq, présidente de l’association. Les premières Rencontres ont accueilli beaucoup de personnalités ayant travaillé avec Marguerite Duras, comme le metteur en scène Bruno Nuytten avec qui elle a filmé India Song ou Dominique Nogez, auteur de Duras Toujours.
Au fil des années, ces Rencontres ont créé une véritable synergie entre de nombreuses structures. L’Imec (Institut mémoires de l’édition contemporaine) a notamment participé à la publication de certains inédits. Par exemple, Les Cahiers de la guerre révèlent la réalité brutale et douloureuse de l’enfance indochinoise de Marguerite Duras. Le réseau des salles Écrans 47 et le cinéma Le Plazza de Marmande en particulier, la librairie Libellule de Marmande, le réseau des bibliothèques et de nombreux autres partenaires contribuent à faire de ces Rencontres un moment fort. Aujourd’hui, elles s’ouvrent aux questions de société et d’actualité en y apportant, à travers son œuvre, le regard de Marguerite Duras qui fut une grande indignée.
Parallèlement, l’association mène un travail de collecte en lien avec la famille de l’auteur. « Nous souhaitons être proches et disponibles pour les personnes qui l’ont connue », explique Michèle Ponticq. Récemment, la comédienne Claire Deluca a fait don de textes de théâtre annotés par la romancière. L’association a aussi récupéré des enregistrements inédits réalisés sur la période 64‑68.


