Dans un bois nommé Anglars est érigée, au VIe siècle, une basilique à l’endroit où le martyr chrétien Maurin fut enseveli. Progressivement, un monastère se structure sur ce lieu, grandit et est affilié à l’Ecclesia Cluniacensis (« Eglise clunisienne »). L’église abbatiale est consacrée en l’an 1097, comme l’atteste une exceptionnelle inscription lapidaire sur le croisillon sud de l’édifice, dans la chapelle Saint-Benoît, surmontée du clocher. Ceux à la tête de cet établissement monastique lui permettent d’acquérir une puissance importante au cours des XIIe et XIIIe siècles. Ce rayonnement explique sans doute son saccage durant la guerre de Cent Ans et les guerres de Religions. Saint-Maurin subit la réforme de la congrégation de Saint-Maur et traverse l’époque moderne en fonction d’un certain idéal monastique, qui se traduit par un long chantier de restauration des bâtiments. Mais la Révolution met un terme à cette très longue histoire : l’abbé et ses quatre moines sont arrêtés. Les bâtiments sont vendus, certains achetés par la commune, les autres vendus pour les pierres. Bien que l’église ait été en grande partie détruite, de la période du XIIe siècle, on peut admirer le chœur, décoré de six magnifiques chapiteaux, dont deux relatent la décapitation de Saint Maurin, la tour du clocher, au-dessus de la chapelle Saint-Benoît (laquelle abrite la maquette de l’abbaye), ainsi que la chapelle nord, orientée en absidiole, récemment restaurée. Conjuguer patrimoine avec loisirs verts
Abbaye de Saint-Maurin - Maison-mère : Abbaye St-Pierre-St-Paul de Cluny (FR) / Saint patron : Maurin / Fondé en 1082 et dissout en 1790 / Période d’affiliation à Cluny : de 1082 à 1645 — Clunypedia
Conjuguer patrimoine avec loisirs verts
L’association des Amis de l’abbaye de Saint-Maurin, sous le patronage de la Fédération européenne des sites clunisiens, a ouvert et gère un chemin de randonnée reliant quatre sites clunisiens majeurs du territoire de Guyenne-Gascogne : les abbayes de de Saint-Maurin et Moissac (82), ainsi que les prieurés de Layrac et Moirax. Le chemin de Guyenne-Gascogne, long de 107 km, relie deux voies de Saint-Jacques de Compostelle qu’il emprunte en partie : le GR 65 à l’ouest de Moissac, et le GR 652 au sud-ouest d’Agen. Il traverse 25 communes dont 16 en Lot-et-Garonne et 9 en Tarn-et-Garonne. L’itinéraire, régulièrement entretenu par les communes qu’il traverse, offre des panoramas variés : coteaux, forêts, bastides et petit patrimoine, en empruntant peu de voies goudronnées. Des panneaux décrivant l’ensemble du tracé sont implantés dans chaque commune du parcours. Des QR codes donnent accès à des informations détaillées comme l’itinéraire ou des renseignements pratiques (points de ravitaillement, hébergements, services…). Les plus courageux peuvent poursuivre leur cheminement vers Lalbenque (Lot) en empruntant un autre chemin de Cluny, celui en Quercy dont le point de départ est à Moissac. Plus d’infos : rando.tourisme-lotetgaronne.com
Membre de la fédération européenne des sites clunisiens
Abbaye Saint-Maurin : grandeur et décadence
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