47 Magazine - N° 66 : Octobre 2024

archives

Aide

Collapse

Uncollapse

La-ferme-de-tendou---_XCD9911-800px.JPG — Dép. 47 - Xavier Chambelland
La-ferme-de-Tendou---_XCD9950.JPG
— Dép. 47 - Xavier Chambelland

La filière caprine

Au-delà des 55 éleveurs professionnels recensés, elle concerne plus de 200 fermes détentrices de caprins selon le Groupement de défense sanitaire. 14 690 animaux sont recensés (source Agreste) en 2022 et les élevages sont répartis majoritairement dans le nord-est du département, bien que l’on en trouve sur l’ensemble du territoire.
L’association Agrobio47 recense 9 élevages caprins bio en activité principale et 13 en activité secondaire. Cela représentait 917 chèvres bio en 2022 pour 1 103 ha exploités.

Danielle-Dhelias.JPG
— Thierry Breton

Le mot de Danielle Dhélias

« Qu’elles soient marginales ou au contraire très développées en Lot-et-Garonne, toutes les filières sont soutenues par le Département qui octroie des aides à l’installation de jeunes agriculteurs. Cette aide est majorée si l’installation se fait en Bio. »

Danielle Dhélias
Vice-présidente en charge de la Ruralité, du Développement durable et de l’Environnement.

Quelques chiffres

23 producteurs laitiers qui gèrent chacun un effectif moyen de 375 chèvres (une chèvre donne en moyenne 700 litres de lait par an)
27 producteurs de fromages dont l’effectif de troupeau varie entre 40 et 65 chèvres et qui transforment environ 400 000 litres par an
3 producteurs mixtes (lait et fromage)
2 engraisseurs de chevreaux
4 producteurs de chèvres Angora avec production de Mohair
2 producteurs qui confectionnent des savons

La-ferme-de-Tendou---fromages-_XCD0089.JPG
— Dép. 47 - Xavier Chambelland

Du fromage mais pas que…

La filière caprine, c’est aussi :

• Des glaces au chèvre
• De la laine de chèvre angora
• Des yaourts

Agenda

• Du 25 novembre au 1er décembre : semaine du Bio sur l’ensemble du Lot-et-Garonne
• 30 novembre à l’Hôtel du Département à Agen : marché bio

Le Département s’engage

Depuis 2017, le Département a soutenu l’installation de 28 nouveaux agriculteurs élevant des caprins, dont 16 avaient le projet de faire de la vente directe et 13 avaient choisi de produire en agriculture biologique. Le montant de l’aide forfaitaire a été porté en 2024 à 8000 € en conventionnel. Il reste identique pour l’élevage et a été bonifié à 12 000 € pour le Bio.

Retour En avant

Semaine de la Bio

La chèvre est dans le pré...

Avec 22 éleveurs en bio et 55 en élevage conventionnel, la filière caprine mérite d’être connue, d’autant plus que les produits issus des fermes sont nombreux et variés : viande, lait, fromage mais aussi du mohair et même du savon !

Rencontre


Tomatille, Roupette, Tara, Omelette, Taboulé, Tartine et Luciole et le reste du troupeau pâturent tranquillement dans les bois et les prairies de la ferme de Tendou à Parranquet. Les 52 chèvres, la quinzaine de chevreaux et les quatre boucs Poséidon, Ulysse, Zeus et Vulcain ont à leur disposition quelque 30 hectares. « Elles sont dehors toute l’année et mangent toutes les jeunes pousses qu’elles trouvent, tous les ligneux, c’est-à-dire les petits arbres, les arbustes, les buissons, les broussailles », explique Bénédicte Huttinger. Les chèvres sont en effet des cueilleuses et de très bonne débroussailleuses. « Elles ne vont pas forcément là où elles voudraient. Elles pâturent dans des parcs afin que certaines zones leur soient inaccessibles pour laisser le temps à la végétation de se régénérer, sinon elles mettraient tout à nu. Il faut savoir gérer leur environnement. Elles sont en liberté conditionnelle ! » Bénédicte et son compagnon Rémi Bourcy sont très soucieux de respecter la saisonnalité et les cycles. Ils n’utilisent pas de produits chimiques ou de grains OGM. Ils pratiquent la Bio comme une évidence dans le respect de l’animal et de la nature. D’ailleurs chaque chèvre possède un prénom. « On les a adoptées en venant nous installer ici. Elles font partie de la famille. » Toutes ont une robe différente qui permet de les reconnaître. Omelette a les poils blancs autour des yeux. Tara a les oreilles beiges et le poil blanc alors que Tartine est grise avec le dessus du dos noir… « Nous avons voulu un troupeau bariolé et nous croisons plusieurs races afin de retrouver de la rusticité, principal trait de caractère que nous souhaitons développer. L’autre conséquence de ce choix-là est de n’avoir aucune chèvre qui se ressemble, plutôt utile pour les différencier ! »

L’aventure a débuté le 15 février 2022 pour le couple. « Du jour au lendemain, nous nous sommes retrouvés dans un lieu qu’on ne connaissait pas avec deux enfants en bas âge (4 et 7 ans) et avec une cinquantaine de chèvres. » L’ancienne éleveuse vendait son exploitation pour effectuer une reconversion professionnelle, tout comme le jeune couple. Rémi était saisonnier dans l’agricole, gardant des troupeaux de brebis en alpage l’été et tondant ces mêmes troupeaux en bergerie l’hiver. Bénédicte, avec son master de lettres, a été enseignante en lycée professionnel durant 2 ans. « Je n’étais pas à ma place. Cela ne me plaisait vraiment pas. Alors sur un coup de tête, j’ai pris mon vélo et j’ai fait le tour de France pour faire du woofing dans les fermes durant une année. » Là, elle apprend à travailler dans les exploitations bio. Elle croise le chemin de Rémi à Gap en Hautes-Alpes lors d’une formation. Une fois leur BPREA obtenu (Brevet professionnel responsable d’exploitation agricole), ils décident de s’installer en bio, bien évidemment ! Ils pensaient trouver une ferme dans ce département, mais leur recherche fut vaine. « C’est vraiment par hasard et par le bouche à oreille qu’on se trouve aujourd’hui ici, en Lot-et- Garonne. On n’avait jamais mis les pieds dans ce département. »
Ils ont été surpris de l’accueil chaleureux et bienveillants qu’ils ont rencontré. « Les agriculteurs des alentours nous ont aidés, soutenus et encouragés », se rappellent-ils.
Pour les aider à démarrer, ils lancent une campagne de financement participatif sur la plate-forme Miimosa, dédiée à l’agriculture. « L’idée était de récolter des fonds pour acheter le troupeau. En échange du don, la personne pouvait parrainer une chèvre et lui donner un nom. »
Le Département a aussi soutenu les jeunes éleveurs en leur octroyant une aide forfaitaire pour leur installation en Bio. Deux ans, plus tard, ils volent de leurs propres ailes et produisent leurs fromages : tomme, fromage très frais, crémeux, sec, fromage blanc. Bénédicte est dans le laboratoire tous les jours, après les traites du matin et du soir. Pour écouler la production, ils vont sur les marchés de Monflanquin et de Villeréal*, et vendent aussi sur place à la ferme, le lundi soir.

« Nous avons bloqué un créneau d’une heure le lundi soir, juste après une visite guidée de la ferme. Faire visiter l’exploitation aux personnes est important pour expliquer notre travail et faire découvrir nos produits », précise Rémi. Les éleveurs fromagers vendent aussi de la viande de chevreau. « Elle est très peu consommée, car peu connue. Pourtant, c’est une viande maigre, pas du tout grasse. Son goût est très fin, très doux parce que les mères pâturent à l’extérieur et que les chevreaux tètent leurs mères jusqu’à ce qu’ils soient sevrés. » Les chevreaux restent le plus longtemps possible sous la mère, malgré le manque à gagner. En effet, durant ce temps d’allaitement, Bénédicte et Rémi ne font pas de fromages avec le lait ! La séparation se fait lorsque l’animal pèse entre 15 et 16 kg. C’est à ce moment-là que la collecte du lait peut reprendre. « Nous essayons de nous améliorer chaque jour d’avantage », conclut humblement le couple qui trouve aussi d’autres débouchés comme la confection de savon.

*Marchés de Monflanquin tous les jeudis matins, de Villeréal tous les samedis matins. Vente à la ferme les lundis de 17 h 30 à 18 h 30. Et visite guidée de la ferme le lundi de 16 h 30 à 17 h 30.

Gaec La ferme de Tendou
3253 Route de Tendou
47210 Parranquet
lafermedetendou@gmail.com
06 48 01 84 55
lafermedetendou

La filière caprine Le mot de Danielle Dhélias Quelques chiffres Du fromage mais pas que… Agenda Le Département s’engage

Orientez votre tablette horizontalement pour profiter des contenus enrichis.

logo-splash.png Notre Emag ne prend pas en charge la lecture sur mobile pour le moment. Nous vous invitons à le consulter sur tablette ou ordinateur. Continuer tout de même