47 Magazine - N° 35 : Juillet 2016

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page-17-_XCG1987.jpg Christine Messines-Cadreils fait un clin d’œil à son premier métier, ingénieur-chimiste, en mettant dans des « éprouvettes » des substances à base de pruneaux. Elle a aussi développé la visite personnalisée de son musée familial : vidéo retraçant la ferme, découverte de la production… La Maison vous accueille également dans son nouveau snack – salon de thé le midi en été. — Département 47 – Xavier Chambelland

Un excellent cru pour le Lot-et-Garonne

Avec 37 médailles remportées au Concours général agricole 2016, le savoir-faire lot-et-garonnais et la qualité des produits locaux sont une nouvelle fois reconnus. Ces distinctions témoignent de la diversité et de la richesse de notre agriculture ainsi que du dynamisme du département où la gastronomie est un art de vivre qu’il convient de cultiver.

  • Concours des vins (vins de Bordeaux, dénominations régionales, Périgord-Agenais) : 13 médailles d’or, 11 d’argent et 4 de bronze
  • Concours des produits divers (charcuterie, confitures, produits issus de palmipèdes gras, vins de liqueur) : 3 médailles d’or, 1 d’argent et 2 de bronze
  • Concours des produits laitiers national : 3 de bronze
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Sur les 600 unités de séchage de pruneaux d’Agen que compte la France, 500 sont en Lot-et-Garonne ! C’est dire le poids de cette filière dans le département et au niveau national. Ce n’est pas pour rien que nous sommes le 1er producteur de prunes d’ente (pruneau) de France.

Raymond Girardi, Vice-président en charge de l'Agriculture, de la Forêt et de l'Environnement

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Parole à Patrick Cadreils, pruniculteur

Le pruneau d'hier à aujourd'hui


1916-2016, quelles sont les évolutions ?
Ce siècle a tout changé. Le nombre de producteurs a été divisé par 10, la conduite des vergers ne laisse plus rien au hasard… L’agriculture actuelle a les mêmes travers que les autres industries : tout optimiser et minimiser la main-d’œuvre. Il faudrait inventer des machines spécialisées pour désherber. La taille et le ramassage des prunes doivent rester dans la tradition des gestes anciens. Les stations de séchage ont remplacé le fournil. Cela dit, des maisons dont la nôtre continuent de perpétuer des gestes ancestraux comme le calibrage des fruits avant le séchage pour conserver toutes leurs valeurs nutritives.


Avez-vous des défis à relever ?
Nous voulons réduire tous les produits phytosanitaires et inventer le « four » du futur. Mais notre plus grand défi est de séduire les consommateurs étrangers et même français ! L’appellation Pruneau d’Agen est en danger car les « pruneaux » étrangers se vendent mieux. À nous de porter la bonne parole chez eux !

Le Département s'engage...

Le Département soutient tout au long de l’année la filière pruniculture à travers notamment des actions de promotion de la prune d’ente et du pruneau d’Agen : dégustation lors du salon de l’agriculture à Paris, réalisation d’un livre de recettes… Les structures dédiées au fruit peuvent également mener à bien leurs projets et actions grâce à l’implication du Département (SCA des Pruniculteurs du Moyen Lot à Casseneuil, Chambre syndicale nationale de la prune d’Ente à Villeneuve-sur-Lot, Association Site remarquable du goût Vergers de Saint Aubin : Pruneaux d’Agen…).

Infos pratiques

Maison du pruneau
Braunès
47320 Lafitte-sur-Lot
05 53 84 04 17
Ouvert tous les jours de 9 à 19 h


Marchés de producteurs en juillet et août
- Lundi à Agen-gravier
- Mardi à Damazan
- Jeudi à Lamontjoie
- Vendredi à Sainte-Livrade

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Maison du pruneau

100 ans de tonus

La Maison du pruneau à Lafitte‑sur‑Lot vient de fêter ses 100 ans. Une longévité sans mystère puisque la famille Messines allie depuis toujours tradition et innovation. Ce savant dosage, administré de la prune au pruneau, permet au produit emblématique du terroir lot‑et‑garonnais de conserver ses valeurs nutritionnelles et ses saveurs de fruits frais. En s’adaptant aux envies et aux goûts des consommateurs, la gamme n’en finit pas de se développer…

Quatre générations ont naturellement forgé une histoire familiale et enraciné au cœur du Lot‑et‑Garonne une entreprise non délocalisable. Tout commence, au siècle dernier avec Monsieur Goirand, courtier en prune, dont la fille épousera Olivier Messines. Leur fils, Jean‑Marcel, pruniculteur sur 15 hectares, veut voler de ses propres ailes. Il crée donc son affaire de transformation, de conditionnement et de vente directe du pruneau au naturel et de spécialités. La Maison du pruneau est née. Lorsqu’il décède en 2007, sa fille Christine Messines‑Cadreils assure la succession. Cette ingénieur‑chimiste plus habituée à la plasturgie qu’à la prune est une femme de caractère pleine de tonus. Elle s’occupera alors de la transformation des pruneaux et son mari, Patrick Cadreils, des quelque 4 000 pruniers du verger.


Le début d'une aventure


Commence alors à s’écrire la deuxième vie de la Maison avec, pour ambition, de conserver la qualité qui lui a conféré ses lettres de noblesse. Les méthodes de taille traditionnelle sont perpétuées pour obtenir une structure parfaite du prunier. Ses fruits peuvent ainsi se gorger de soleil, être sucrés et vitaminés. Si l’évolution des pratiques culturales et des techniques de ramassage ont évolué au fil des époques, chez les Messines, une même règle s’applique toujours. « La mécanisation s’adapte à la qualité et à la maturité du pruneau et non l’inverse. Nous entendons conserver l’onctuosité de cet or noir, produit roi du département. »


Cependant, une fois la récolte faite, l’innovation et l’imagination entrent en jeu. Le père de Christine a créé en 1976 le Pruneau à l’Armagnac et sa mère a lancé le Prun’choco. À elle, « l’héritière », de concocter de nouveaux produits comme la pulpe de pruneaux sans sucre ajouté, le pétillant aux pruneaux sans alcool qui peut être mélangé avec de l’eau de vie de prune d’ente « maison » vieillie en fût de chêne... Et, comme derrière la chef d’entreprise, la chimiste veille toujours, Christine vient de faire un clin d’œil à son ancien métier en disposant dans des éprouvettes - bocaux très allongés - une gamme de pruneaux au Cointreau, rhum, whisky… Elle garde cette assiduité à prouver que le savoir‑faire paysan n’est pas un mot du passé.


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