47 Magazine - N° 52 : Janvier 2021

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Les déchets ménagers : interviews

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    Directeur de ValOrizon

    2 questions à Éric Marty

    Où en est-on aujourd’hui sur la question des déchets en Lot-et-Garonne ?

    Après une baisse des volumes de déchets ménagers résiduels jusqu’à une période récente, on observe aujourd’hui un effet de plateau. Or, l’équation est simple : si on veut maîtriser les coûts et éviter l’implantation d’un nouvel équipement de traitement, il nous faut réduire le volume de déchets résiduels. La fermeture du site de Nicole vient nous rappeler l’importance du sujet car il rend tout à coup visible ce que l’on ne voit plus ou ce que l’on refuse de voir : nos déchets finissent bien quelque part. S’ils ne sont pas valorisés, alors ils sont soit incinérés, soit enfouis. L’exercice des élus de ValOrizon a été de limiter au maximum le surcoût dans l’immédiat. Mais, si on ne fait rien, le problème va de nouveau se poser d’ici 2025. Et – à considérer même que ce soit souhaitable ou soutenable, au plan environnemental comme financier - personne ne veut d’un nouvel équipement de traitement des déchets à côté de chez soi.

    Que faut-il faire pour réussir collectivement dans les 10 à 15 ans qui viennent ?

    ValOrizon, en partenariat avec l’Ademe (Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie), affine actuellement son plan d’actions : agir sur la prévention avec les intercommunalités compétentes pour réduire la production de déchets ménagers, généraliser le tri à la source des biodéchets, étendre les consignes de tri à la totalité des emballages plastiques, orienter vers des filières de valorisation les déchets collectés en déchetterie et accompagner les communautés de communes dans la mise en place de la tarification incitative, une mesure qui a déjà fait ses preuves. Sans oublier tout le travail engagé par ValOrizon sur le recyclage et le réemploi. Dès 2022, le nouveau centre de tri s’installera sur l’Ecoparc économie circulaire que nous développons à Damazan. Réduire et mieux valoriser, c’est là tout l’enjeu des années à venir.

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    Interview

    « Au final, on est passé de 255 kg/an par habitant à 110 kg »

    Auguste Florio, président de la Communauté de communes de Bastides en Haut-Agenais Périgord

    La Communauté de communes Bastides en Haut Agenais Périgord est la 1re à avoir mis en place une tarification incitative, quel bilan en tirez-vous ?

    Aujourd’hui, le constat que nous faisons est que la mise en œuvre d’une redevance incitative est un outil puissant pour changer les comportements. Cela nécessite un travail conséquent des agents, des élus et de la population, mais les résultats sont au rendez-vous. Les élus de la Communauté de communes ont voté à l’unanimité, fin 2016, le passage en redevance incitative. Cette adhésion des élus est primordiale pour l’adhésion des usagers, car ceux sont les élus qui portent le message. En 2018, nos agents ont rencontré tous les foyers du territoire pour leur présenter la démarche en partant d’un constat : cette accumulation de déchets n’est plus tenable d’un point de vue économique et environnemental ; et en leur expliquant ce que réellement cela allait changer pour eux. Grâce à ce travail de pédagogie, les habitants ont pris conscience de la situation et nous avons observé une 1re baisse de 10 % des déchets. Mais c’est en 2019, avec l’utilisation des contenants avec système d’identification et du badge, que les comportements ont vraiment changé. L’année 2020 était la 1re année où les habitants ont payé réellement ce qu’ils ont produit et cela a permis une nouvelle baisse. Au final, on est passé de 255 kg/ an par habitant en 2017 à 110 kg/an par habitant en 2020.

    Avez-vous rencontré des réticences de la part des habitants ?

    La crainte de certains habitants était surtout de voir leur facture augmenter. Mais nous avons su désamorcer les situations difficiles en expliquant concrètement ce que chacun allait payer. Souvent, les gens ne connaissent pas le montant de leur taxe d’enlèvement d’ordures ménagères. Il faut donc prendre le temps de présenter la démarche, son coût et le côté plus juste de payer ce que l’on produit pour réussir à convaincre. On peut dire aujourd’hui que l’on a une bonne adhésion de la population. Bien sûr, nous observons des incivilités que nous suivons, mais finalement, pas plus que dans les territoires qui n’ont pas la tarification incitative.

    Il faut donc prendre le temps d’expliquer la démarche, le contexte, les objectifs et le côté plus juste de payer en fonction du coût par habitant et pas de la valeur locative d’un foncier bâti.

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