Guten tag, hello, annyeong, hola, Buenos dias… À peine arrivé sur le site du prieuré à Moirax, les « bonjour » fusent en toutes les langues. Une trentaine de jeunes, sourire aux lèvres et truelles à la main, nous regardent avec curiosité. Trois d’entre eux s’approchent et engagent spontanément la conversation. Léo et Johann sont Allemands, Giovana est Mexicaine. Âgés de 18 et 19 ans, ils viennent pour la première fois en France et donc en Lot‑et‑Garonne. Ils s’expriment correctement en français l’ayant appris à l’école. Giovana a plus de difficultés, mais elle peut compter sur Johann qui parle aussi parfaitement l’anglais. Ils expliquent qu’ils participent aux chantiers internationaux de bénévoles pour rencontrer d’autres jeunes, d’autres cultures, « pour savourer la vie et prendre des coups de soleil ». Mais, il est temps de reprendre la construction. Johann s’équipe de lunettes de protection et va tailler une pierre. Giovana rejoint ses amis Coréens en plein travaux de maçonnerie. Léo est à la bétonnière. Grâce aux conseils de leurs encadrants, ils maîtrisent chaque jour davantage des techniques qui leur étaient inconnues il y a quelques semaines. Les chantiers durent une vingtaine de jours. Les matins sont consacrés aux travaux de rénovation et les après‑midis sont libres. La jeune Mexicaine a ainsi pu visiter des châteaux. Au‑delà de la sauvegarde du patrimoine, ces chantiers sont l’occasion de créer une dynamique locale.
En effet, les Moiracais suivent de près l’avancement de la (re)construction du mur en pierre à l’entrée du prieuré, discutent avec les bénévoles, délivrent quelques conseils (« Attention petit ! tu dois incliner plus le burin »). Les jeunes du village viennent aussi donner un coup de main, _« histoire de passer le temps pendant les vacances ». Même Benjamin Toursel, le chef étoilé du restaurant l’Auberge du Prieuré, passe régulièrement. « Ce sont mes voisins, c’est normal que je vienne les voir. » Ces chantiers mettent tout le monde au même niveau. Les différences de langues, de culture, de religions se gomment. Le « vivre ensemble » et le « vivre autrement » prennent le dessus. Les débats s’invitent parfois en soirée en fonction de l’actualité internationale, l’ambiance reste toujours conviviale. Une belle leçon de vie…
Cinq chantiers en Lot-et-Garonne
Le Département s'engage...
Cinq chantiers en Lot‑et‑Garonne
En juillet et août, une soixantaine de bénévoles internationaux ont été accueillis dans le département. Ils ont été encadrés par les associations locales de sauvegarde, les communes d’accueil et les associations nationales agréées Concordia et Rempart.
Nouveauté 2017 : église de Cazaux à Laplume
(Association des Amis de Cazaux)
Consolidation de certaines maçonneries de l’église romane, l’une des plus anciennes de Lot‑et‑Garonne.
Église Saint‑Juin à Lagruère
(Foyer rural)
Depuis 2012, retrait de la végétation, restauration des maçonneries et enduits, reprise de la sacristie…
Église de Martaillac à Sainte‑Gemme‑Martaillac
(Association Savoirs & Patrimoine en Coteaux et Landes de Gascogne)
Depuis 2014, retrait de la végétation, consolidation des maçonneries, reprise des enduits…
Moulin à eau de Cantecort à Gaujac
(Association RESP)
Depuis 2015, restauration des enduits, consolidation des maçonneries…
Rempart de Moirax
Depuis 2016, consolidation des vestiges du rempart et murs anciens...
* N’hésitez pas à contacter ces associations locales, si vous voulez participer à la sauvegarde de notre patrimoine..
Le Département s'engage...
Depuis 2010, le Conseil départemental a attribué 36 000 € pour soutenir les chantiers de bénévoles œuvrant à la restauration du patrimoine lot‑et‑garonnais. Il travaille avec des associations agréées du réseau Cotravaux (Concordia et Rempart) et les services de la Direction régionale des affaires culturelles. Objectifs : garantir des opérations techniques de qualité sur les monuments, apporter un encadrement de choix et assurer de bonnes conditions de travail et de sécurité aux jeunes bénévoles.
Chantiers internationaux de bénévoles
A la découverte du monde
Ils sont Allemands, Coréens, Mexicains, Russes… Cet été, ils ont choisi de venir en Lot‑et‑Garonne pour rénover notre patrimoine. Ils ont œuvré sur les cinq chantiers internationaux du département aux côtés des habitants des communes concernées. Les résultats sont tels que les Lot‑et‑Garonnais sont de plus en plus nombreux chaque année à prendre eux‑mêmes la truelle pour redonner vie à leurs monuments. Retour sur cette expérience humaine unique…
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