Avant d’être président d’Airca (Association intermédiaire des restos du coeur de l’Agenais), Charles Grilh était bénévole aux Restos du coeur. Son statut lui importe peu, il parle toujours au nom de l’équipe. Celle d’Airca est composée de quatre salariés permanents* et de treize bénévoles qui encadrent une soixantaine de salariés en insertion. Elle gère un budget, les ressources humaines, le relationnel… L’ensemble de ces tâches nécessite de l’investissement et une présence quasi permanente. Beaucoup de responsabilités reposent aussi sur les épaules de chacun des membres de l’association intermédiaire, « tous des piliers et tous indispensables ».
Le « coeur de métier » d’Airca est très sérieux puisqu’il s’agit de « l’humain », des femmes et des hommes qui ont perdu leurs repères et qui doivent être remis sur le circuit du travail. « Notre rôle est d’accueillir, d’écouter, d’orienter les personnes sans emploi rencontrant des difficultés professionnelles, sociales ou les deux. Nous mettons à disposition un suivi, un accompagnement pour nos salariés et proposons des formations en adéquation avec leur projet professionnel. Le but de l’association est de les réaccoutumer à la dynamique du travail et à l’environnement sur Agen et dans un rayon de vingt kilomètres », explique le président. Pour cela, l’équipe cherche quotidiennement des « clients », particuliers ou professionnels qui acceptent d’accueillir chez eux, domicile ou entreprise, l’instant de quelques heures et plus longtemps, des personnes en insertion.
Les interventions sont variées : ménage, bricolage, jardinage, nettoyage de locaux, manutentions diverses, aide au déménagement, travaux de peinture, tapisserie, carrelage... et toutes les activités conventionnées par le service à la personne (agrément DDTEFP – Direction départementale du travail, de l’emploi et de la formation professionnelle). Cet inventaire à la Prévert débouche parfois sur une gestion complexe due à « une France qui est devenue très administrative et où chaque demande s’accompagne d’une tonne de papiers », déplore Charles Grilh. Heureusement, il sait qu’il peut compter sur l’équipe qui l’entoure et sur les mairies qui accordent leur confiance à l’association (Bon‑Encontre, Boé, Estillac, Agen, Pont‑du‑Casse).
* Une coordinatrice, un encadrant technique, une chargée d’accompagnement, une salariée pour l’accueil et le suivi administratif.

