47 Magazine - N° 30 : Juin 2015

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02_THI5074.jpg 150 personnes handicapées mentales et psychiques travaillent en milieu protégé.

Hébergement des personnes travaillant en Ésat

Des studios en centre-ville pour une plus grande autonomie et insertion.

Depuis la 1re semaine de mars, le Complexe d’hébergement et de vie sociale (CHVS) de l’Agenais à Laroque‑Timbaut accueille 30 personnes en situation de handicap (dont 8 retraités). Jean‑Claude, l’une d’entre elles, est enthousiaste. « C’est mieux qu’avant ! » Auparavant, il était en effet hébergé sur le lieu‑même de son travail, c’est‑à‑dire sur le site de Lamothe‑Poulin géré par un Établissement et service d’aide par le travail (Ésat). Aujourd’hui, il habite quasiment en centre‑ville dans un lotissement tout juste sorti de terre. « Ici, on est bien parce que les magasins sont proches. » Une proximité qui « facilite son intégration en milieu ordinaire », précise Marc Alias, directeur de la structure.

Logement tout confort

Le complexe d’une superficie de 6 112 m² construit par Habitalys pour le compte du Département (2 428 684 €) propose 20 studios tout confort de 25 m² (contre 9 à 12 m² avant). Deux maisons mitoyennes sont également à la disposition des personnes ayant acquis une plus grande autonomie. Jour et nuit, le personnel encadrant est présent pour assurer un accompagnement éducatif et thérapeutique. Entre espace personnel et espace collectif, les résidents évoluent à leur rythme et dans le respect de leur singularité et de leur statut de citoyen.

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Conditionnement pour l’industrie, étiquetage, façonnage… sont quelques‑unes des tâches accomplies.
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L’Ésat Agnelis à Foulayronnes, c’est 3 800 m² de locaux.
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Ésat Agnelis

Travailler avec un handicap, c’est possible !

Sur les hauteurs d’Agen à Foulayronnes, les nouveaux locaux de l’Ésat Agnelis (Établissement et service d’aide par le travail) accueillent 150 personnes handicapées mentales et psychiques. Depuis le 7 avril, elles s’y rendent tous les jours pour travailler.

« Ne cachons pas le handicap », martèle Stéphane Cornuault, directeur de l’Établissement et service d’aide par le travail (Ésat) Agnelis. Alors, le fait que les nouveaux locaux de la structure soient le long d’une départementale très fréquentée à Agen est une aubaine. Être au cœur d’une zone d’activités et proche des éventuels « employeurs » est un point fort. La mission première de l’Ésat est en effet l’insertion professionnelle en milieu ordinaire des personnes handicapées mentales et psychiques qu’elle accueille. « L’Algeei*, association dont dépend l’Ésat Agnelis, a choisi ce bâtiment car il se trouve à proximité de la ville. L’inclusion des personnes handicapées dans la cité est ainsi facilitée », explique‑t‑il.


Un emplacement idéal


Autre avantage du local : son implantation à mi‑chemin entre Laroque‑Timbaut et Roquefort, les deux communes de résidence des personnes hébergées en foyer, grâce au concours financier du Département, et qui travaillent à l’Ésat.


« Jusqu’alors elles travaillaient et habitaient au même endroit ce qu’aucune personne ne souhaite aujourd’hui. Par ailleurs, la localisation des sites, éloignés d’un village, compliquait l’intégration », poursuit Stéphane Cornuault. Aujourd’hui comme tous les salariés, elles peuvent dissocier vie professionnelle et vie privée. Pour faciliter leur déplacement, l’Ésat Agnelis a mis à leur disposition un bus. Une réflexion est également en cours avec l’Agglomération d’Agen qui gère le réseau de transport collectif de l’Agenais.


Le « paradoxe Ésat »


Lieu de travail différent, nouveaux horaires, déplacement en bus… des changements parfois synonymes de stress ou d’anxiété. Mais quelle satisfaction d’utiliser des ateliers flambants neufs ! Ceux de Lamothe‑Poulin à Laroque‑Timbaut et de Pomaret à Sainte‑Colombe‑en‑Bruilhois étaient devenus inadaptés. Pour réhabiliter l’ex‑magasin Arména, « nous avons tenu compte des avis et remarques des futurs utilisateurs. Ils étaient les plus à même de dire comment l’espace devait être agencé pour être le plus fonctionnel possible. » Ateliers, local de stockage, partie administrative, zone médicale, coin restauration… autant d’espaces bien délimités tout en étant intimement liés. Les architectes Karine Carmentran et Jean‑Pierre Toïgo ont cerné le « paradoxe Ésat ». Les 3 800 m2 du local sont ainsi devenus « lieu d’accueil et chaleureux » et « lieu de production ».


« Nous avons deux missions indissociables. Une mission médico‑sociale : veiller au bien‑être des travailleurs et les valoriser par le travail. Une mission économique : effectuer les tâches confiées par les entreprises ou les collectivités. C’est notre objectif. » Et la force d’Agnelis est d’être diversifié : conditionnement pour l’industrie, étiquetage, lavage de véhicule, impression et façonnage de papier, espaces verts… Entre faire du social et rechercher le profit, l’Ésat a trouvé le juste équilibre. Stéphane Cornuault est persuadé que « travailler avec un handicap, c’est possible ».


* Association laïque de gestion d’établissement d’éducation et d’insertion.


Hébergement des personnes travaillant en Ésat

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